MES GUITARES par Jubaea

 

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2009 GIBSON LP JUNIOR

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Une LP Junior, pour sonner comme les vrais rockers...

 

Musikhaus Thomann Linkpartner

 

 

 

 

 

 

 

UN PEU D'HISTOIRE :

La Gibson Les Paul Junior est, comme son nom le laisse entrevoir, la déclinaison économique de la Gibson Les Paul «Model».

 

Dans les faits, la Gibson Les Paul est née de la ténacité de Ted McCarty, alors PDG de la firme Gibson.    McCarty croyait fermement au potentiel des guitares Solid body, contrairement à la majorité des dirigeants du groupe CMI, dont dépendait encore Gibson à l'époque.

 

Depuis de début des années 40, le guitariste Lester Williams Polfuss, «Les Paul» de son nom de scène, jouissait d'une bonne réputation aux États Unis.    Polfuss travaillait également, à ses moments perdus, dans les ateliers Epiphone à la mise au point d'une guitare semi-solid, la «log guitar».    Projet qu'il présenta d'ailleurs en 1946 au groupe CMI, avec l'espoir que CMI accepte d'en cofinancer la commercialisation.    Au lieu de cela, les dirigeants de CMI, ne croyant pas du tout au possible succès de ces planches à cordes, éconduirent Les Paul et sa «log guitar», qu'ils qualifièrent même de «type de manche à balai couvert de micros».

 

Un peu plus tard, en 1949, Les Paul créa un duo avec la chanteuse Mary Ford qu'il venait d'épouser, duo qui obtint rapidement un énorme succès.

 

Au début des années 50, Léo Fender venait de mettre au point sa Fender Broadcaster qui devint en 1951 la Fender Telecaster, une des premières guitares Solid body a être commercialisée.    Immédiatement, Ted McCarty mit une équipe au travail afin que Gibson puisse également proposer dans le meilleur délai un modèle de guitare Solid body.    Un an plus tard, cette équipe avait mis au point une série de prototypes satisfaisants, sur la base d'un corps plein en acajou recouvert d'une table bombée en érable, de 2 micros P-90 et d'un manche collé également en acajou.    La présence de la table bombée n'avait pour but que de différencier cette future Gibson de la concurrence, entre autre de la Fender Telecaster.    Gibson possédait en effet l'équipement nécessaire et le savoir faire qui découlait des guitares arch-top, pas Fender, ce qui rendrait le copiage d'autant plus difficile.

 

Pendant cette période, Les Paul était arrivé à une popularité telle, que Ted McCarty pris contact avec lui, dans le but de passer ensemble un accord publicitaire, comme cela commençait à être la coutume entre musiciens et fabricants d'instruments de musique.    A l'issue de cette rencontre, un contrat fut signé pour une durée de cinq ans, qui gratifia Lester W. Polfuss de 5% de royalties sur chaque exemplaire vendu de cette nouvelle guitare et permis à Gibson de profiter de l'immense popularité de Les Paul.

 

Ainsi, dès 1952, les premières Gibson Les Paul furent commercialisées.   Pour tordre le coup à une rumeur qui circule encore aujourd'hui, assurant que cette Gibson Les Paul est la création de Lester W. Polfuss, il m'apparaît important de préciser que seul le cordier/chevalet des premiers modèles fut mis au point par Lester W. Polfuss.    Ce cordier/chevalet ne fut d'ailleurs utilisé par Gibson que d'une façon éphémère.

 

A l'occasion du NAMM de juillet 1954, Gibson présenta deux nouveaux modèles de Les Paul, situés aux antipodes l'un de l'autre.

 

Le premier, qui nous intéresse ici, était une Les Paul épurée et économique qui fut baptisé «Gibson Les Paul Junior».    Même forme, même corps en acajou, mais sans la table bombée en érable, et avec un seul micro P-90.    Le deuxième modèle était la Gibson Les Paul Custom, communément appelée la «Black Beauty».    Il s'agit là d'une Les Paul à la finition très soignée, noire comme l'ébène, comportant de nombreux filets (binding) et incrustations nacrées, sur le corps, le manche, la tête, et même autour du Pickguard.

 

L'année suivante, en 1955, Gibson dota la Les Paul Junior d'un deuxième micro et d'un filet bordant la touche et le pickguard.    Au passage, ce modèle fut baptisé Les Paul Special.

 

En 1957, une importante innovation fut apportée à la Gibson Les Paul, le Humbucker à double bobinage, créé pour supprimer les interférences captées par les micros à simple bobine.    La Les Paul Junior n'héritera pas de cette innovation et gardera son P-90, et donc son caractère.

 

En 1958, Ted McCarty décida de faire modifier le corps de la Junior pour la doter de deux échancrures.    Cette nouvelle disposition permettait un meilleur accès aux cases aigues mais surtout préfigurait une surprenante migration de la Les Paul en un nouveau modèle qui sera commercialisé à partir de 1961, la Gibson Les Paul SG, (SG pour Solid Guitar).

 

Cette Gibson, dont Les Paul dit un jour que l'on pourrait se tuer avec ses deux cornes, connaîtra la célébrité un peu plus tard entre les mains d'un certain Angus Young (AC/DC).

 

En 1963, le contrat qui liait Lester W. Polfuss à Gibson prend fin.    D'un commun accord ayant pour fond des histoires de gros sous (Polfuss était en cours de divorce...), le contrat ne sera pas renouvelé.    Cependant, Polfuss préféra laisser entendre au public que son départ était la conséquence de son désaccord avec Gibson au sujet de la forme de la SG, qu'il promouvait pourtant depuis 1961.    Ainsi, en 63, la Gibson Les Paul SG perdit l'appellation "Les Paul" pour être baptisée tout simplement Gibson SG.

 

Depuis le début des 60's, la Gibson Les Paul, sous la forme à un pan coupé qu'on lui connaît, n'est donc plus commercialisée, et la fabrication de la Gibson Les Paul Junior prend également fin en 1963.

 

La décennie des 50's aura été bénéfique à l'entreprise Gibson, notamment grâce aux excellents chiffres que représentent les ventes de Gibson Les Paul Junior.    Avec pourtant deux années de production en moins, il se sera vendu plus d'exemplaires de Gibson Les Paul Junior que de Gibson Les Paul Model.

 

Les premières années de la décennie suivante seront également favorables pour Gibson, cette fois grâce à Epiphone, sa filiale depuis 1957, qui va formidablement profiter de l'explosion Beatles.    Cependant, la fin des 60's va voir l'émergence d'une nouvelle vague d'idoles pour la jeunesse.    Eric Clapton, Jimmy Page, Jeff Beck et beaucoup d'autres, jouent sur des Gibson Les Paul Standard à humbuckers, c'est à dire sur des guitares qui ne sont plus fabriquées.

 

Il va falloir attendre 1968, pour que Stanley Rendell, le nouveaux PDG de Gibson (Ted McCarty ayant démissionné de ses fonctions en 1966) comprenne qu'il fallait impérativement remettre la Gibson Les Paul en fabrication.    Dans cette optique, un nouveau contrat sera ratifié entre Gibson et Lester W. Polfuss.    Cette fois, Les Paul touchera 6 dollars par instrument vendu, et son implication dans la conception même des instruments sera validée.

 

La Gibson Les Paul Junior, sous sa forme originelle Solid body à un pan coupé et un seul micro P-90 «dog-ear» sera remise en fabrication à partir de 1986, jusqu'en 1992, puis à nouveau entre 2001 et 2002, et enfin de 2008 à nos jours.    C'est le modèle que je me suis offert.    Elle a été rééditée en 3 finitions Satin Vintage Burst, Satin Cherry et Worn White.

 

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MODIFICATIONS :

Pour l'esthétique, j'ai remplacé le cache de la vis de réglage du manche et les 2 boutons V et T auquels j'ai ajouté des rondelles avec pointeur.

Pour un son un peu moins brouillon, j'ai acheté chez Thomann un P-90 Lindy Fralin Hum Cancelling, et pour améliorer l'intonation, j'ai remplacé le chevalet wraparound par un chevalet ABM 3024na Wraparound Bridge en nickel.

 

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MON AVIS :

Ma première impression fut une bonne surprise.    Déjà, cette petite Gibson sonne excellemment bien en acoustique, ce qui indique que la lutherie est de bonne facture et laisse présager qu'elle doit pouvoir sonner parfaitement une fois amplifiée.

 

Du côté de la finition, c'est bien, mais il n'y a pas de quoi sauter au plafond non plus, on a affaire à du Gibson d'entrée de gamme, il faut en avoir conscience.    A titre d'exemple, le corps de ma guitare est fait de quatre parties, ce qui n'a rien d'exceptionnel à présent, les années 50 sont loins.    Fort heureusement, l'assemblage sur mon exemplaire est très bien fait, les différentes pièces de bois sont exactement de la même couleur et les raccords sont pour dire invisibles, mais attention, ce n'est pas toujours le cas chez Gibson aujourd'hui.    Pour se prémunir de ce désagrément, je conseille l'achat en magasin.    Au moins, là, on voit ce que l'on achète avant de payer.

 

La teinte Cherry et le vernis nitro satiné sont bien appliqués, uniforme et pas la moindre coulure.    Le pickguard est un simple pli noir.    La guitare est légère, 3kg300, bien équilibrée et confortable.

 

Le manche collé comporte 22 cases.    Son profil en D et son radius de 12" le rendent agréable.     La touche en Palissandre* (en Ébène pour le modèle White Satin)** est incrustée de petites pastilles acryliques.    La tête Open Book Gibson est équipée de mécaniques Gibson Deluxe à boutons plastiques crème.    Je trouve ces mécaniques très "directes".    La moindre action sur le bouton modifie l'accordage, et comme le sillet est en Corian® (matériaux synthétique à base d'acrylique), l'accordage précis n'est pas aisé, c'est un peu trop, ou pas assez, heureusement, un léger coup de graphite sur le sillet arrange bien les choses.    Ensuite une fois accordée, ça ne bouge pas trop, donc ça va.    Je pense qu'une fois la période de garantie passée, le remplacement de ces mécaniques par un jeu de mécaniques à bain d'huile peut être envisageable.    Pour finir, la Gibson Junior est livrée dans une housse estampillée Gibson USA.

 

Bref, c'est une guitare à la finition simple, mais ça on le savait puisque c'est pour cette raison que Gibson a créé ce modèle à la fin des 50's.

 

J'ai vu sur le net des photos présentant des Gibson Les Paul Junior ayant une finition moins bonne que l'exemplaire que je possède, ce qui témoigne donc d'une irrégularité au niveau de la finition, et d'un contrôle qualité en sorti d'usine un peu trop tolérant à mon goût, il faut bien que se payent à un moment ou un autre les restrictions économiques.    Au risque de me répéter, je pense donc préférable, pour ce genre de modèle, de s'orienter vers un achat en magasin, qui permet une inspection visuelle, plutôt qu'en VPC qui peut réserver quelques mauvaises surprises.

 

Une fois branchée, le son que développe ma Gibson Les Paul Junior, que ce soit sur mon Marshall Super Lead, sur mon Fender Blues Deluxe ou mon VOX AC15, est bon.    Le clean est clair et velouté à la fois, chargé d'harmoniques, l'attaque au médiator est bonne, le crunch est aussi de son répertoire dès que l'on joue avec son potentiomètre de volume et celui de l'ampli, aucun problème là-dessus, mais globalement on sent que le P-90 Gibson manque de précision, un micro boutique, même s'il n'est pas indispensable, est une amélioration à envisager (ce que j'ai fait donc).

 

Pour un meilleur confort de jeu, j'ai réglé l'action des cordes, qui était un peu haute à mon goût, et pour transporter cette petite Gibson sans risque, j'ai préféré lui offrir un étui.

 

Voilà, pour moi, cette petite Gibson Les Paul Junior est une guitare brute de décoffrage comme on dit, simple, efficace mais terriblement attachante.

 

* Depuis 2011 et les ennuis de Gibson avec le Bureau Fédéral des Investigations, la touche n'est plus en Palissandre, mais en «Baked Maple», de l'Érable cuit au four, ou bien encore en «Black Obeche», une sorte d'Érable Africain.    Si Gibson a évidemment présenté cette nouvelle touche comme étant un progrès apporté à ses instruments, les «Baked Maple» et «Black Obeche» ont immédiatement été décriés, à tort ou à raison, par la plupart des guitaristes du monde entier, et ça n'est rien de le dire...    A n'en pas douter, d'ici quelques années, il y a fort à parier que cela se ressentira sur la cote des instruments pré-2011.