MES GUITARES par Jubaea

 

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2008 GIBSON FIREBIRD V

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un de mes maîtres de la 6 cordes, Mike Campbell, lead guitariste des Heartbreakers, le groupe de Tom Petty.

En clin d'oeil, on remarquera l'oeillet noir sous le sélecteur...

 

Musikhaus Thomann Linkpartner

 

 

 

 

 

 

 

UN PEU D'HISTOIRE :

L'arrivée sur le marché, en 54, de la Fender Stratocaster, et surtout l'incroyable succès que cette guitare remporte auprès du public, confirme à Ted McCarty ce qu'il pense depuis quelques temps déjà, à savoir que la gamme des guitares Gibson a besoin d'être rénovée.    McCarty se met donc au travail, et en juin 57, trois nouvelles guitares aux formes révolutionnaires vont surgir de sa planche à dessin.    Ces trois nouveaux modèles, commercialisés à partir de 58, ouvrent la série des Modernistics Guitars, et sont baptisés Gibson Flying V, Gibson Explorer et Gibson Moderne.

Hélas pour Gibson, l'accueil du public, probablement un peu trop conservateur, est froid, et cette série est un véritable échec commercial.    Seuls quelques dizaines d'exemplaires de Flying V et d'Explorer sont fabriqués, et la Gibson Moderne va purement et simplement rester à l'état de projet, du moins jusqu'au début des années 80 ou un modèle «reissue» va être fabriqué.

 

A la fin des années 50's, Ted McCarty ne peut que constater l'évidente avance prise par Léo Fender dans le domaine des guitares Solid-Body.    Cependant, toujours aussi convaincu de ne pas se laisser distancer par ses concurrents dans ce domaine, McCarty n'a pas abandonné son idée de moderniser la gamme Gibson.    Cette fois, Il décide de faire appel à un designer extérieur à l'entreprise, comme cela avait déjà été le cas dans les années 40 pour la conception de guitares hawaïennes.

 

Ted McCarty fait appel au designer automobile Raymond H. Dietrich.    Raymond H. Dietrich s'est fait connaître du grand public en dessinant des automobiles pour les firmes Packard, Ford, Checker et Lincoln, dont la Lincoln Cosmopolitan du Président Harry S. Truman, ci-dessous.

 

Dietrich se met donc au travail, et dessine un instrument à corps asymétrique, fortement inspiré de la précédente Gibson Explorer, avec un long manche traversant sur lequel sont intégrés 2 mini-humbuckers sans plot.    Le corps de la guitare est constitué de 2 ailes collées de part et d'autre du manche.    Les mécaniques alignées sur une tête également inversée dite "en bec d'oiseau" sont du type banjo.    Une ligne très "belle américaine".    Cette guitare est baptisée Gibson Firebird.

 

Cependant, à la fin des années 50's, Léo Fender avait fait déposer un brevet sur la forme de sa Jazzmaster dont les échancrures du corps étaient clairement asymétriques (photo ci-dessous).    Lorsqu'il découvrit la nouvelle Firebird de Gibson en 1963, Léo Fender fit savoir à Ted McCarty qu'il estimait que la forme de la Firebird copiait cette disposition.

 

Le nom Firebird est complété d'un chiffre romain en fonction de l'équipement proposé, comme les micros et leur nombre, la présence ou non d'un vibrato et le type de ce dernier...     On trouve dans cette gamme la Gibson Firebird I, la Firebird III, la Firebird V et la Firebird VII, ainsi qu'un éphémère modèle à 12 cordes, la Firebird V-12.    Les numéros pairs, II et IV sont réservés aux basses Thunderbird.    La commercialisation de la Gibson Firebird débute à partir de 1963.    Hélas, à l'image de la série des Modernistics, le succès n'est pas au rendez-vous, et le chiffre des ventes reste collé au plancher.

 

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MODIFICATIONS :

Pour l'esthétique, j'ai remplacé les boutons de Volume et Tone noirs à l'origine par le même modèle en Gold, et posé un œillet noir sous le sélecteur de micro.

Le set de micros Gibson Ceramic mini humbucker ne me convenait pas trop, je l'ai remplacé par un set de micros Mojotone Johnny Winter signature.

 

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MON AVIS :

Voila plus de dix ans que je «rêve» de posséder un jour une Gibson Firebird V finition Sunburst, tout en me disant que je ne concrétiserais probablement jamais ce rêve, jusqu'à cette année, ou finalement, j'ai pris la décision de passer en mode action.    Dans un premier temps, j'ai voulu jouer la sécurité en passant commande chez le dépositaire Gibson de ma région.    Évidemment, l'instrument convoité n'était pas en stock, et après avoir contacté son représentant Gibson Europe, mon interlocuteur me fit comprendre que s'il pouvait tout à fait me fournir cette guitare, il se trouvait par contre dans l'incapacité de me donner un délai de livraison, délai qui pouvait même s'étaler sur une à deux années.    Je sais bien que, déjà en temps normal, l'absence d'un importateur national ne facilite en rien l'approvisionnement en instruments de musique Gibson, surtout quand on veut un modèle que je qualifierais de "non traditionnel" et dans une couleur particulière, mais il se trouve qu'actuellement, cette pénurie "naturelle" est aggravée par le fait que l'usine Gibson a été sévèrement touchée par les terribles inondations qui ont submergées Nashville et sa région en 2010.    Donc, comme d'habitude, il reste le marché de la correspondance, via le site d'enchères bien connu par exemple, ou encore le Japon, où l'on arrive à trouver de belles Gibson dont quelques exemplaires de Firebird.

 

Une fois n'est pas coutume, j'ai eu de la chance car j'ai trouvé la mienne en France.    C'est un exemplaire de 2008 qui était en exposition chez Gibson Europe.    Gibson venait de la confier à un de ses dépositaires Métropolitain pour honorer la commande d'un client.    Ce client, probablement lassé d'attendre, s'est désisté juste comme je passais par là...    ... Ma bonne étoile quoi.

 

Bref, le 28 octobre 2010, à l'instant même ou Henry Juszkiewicz, PDG de Gibson, dévoilait au Hard Rock Café de New York sa nouvelle «Revolution», la Gibson Firebird X bluetooth, moi, à l'autre bout de la planète, je découvrais pour la première fois ma Gibson Firebird V.

 

Et qu'elle ne fut pas ma surprise...    Ça n'a pas l'air comme ça, mais cette guitare est tout simplement magnifique sur le velours blanc de son étui.    La première inspection visuelle ne laisse aucun doute, c'est une guitare haut de gamme, très bien finie.    La prise en main est agréable et légèrement déroutante à la fois, la forme du corps évidemment inhabituelle, le poids de la tête qui déséquilibre un peu l'ensemble, mais ces impressions ne vont pas durer longtemps.

 

C'est une guitare de conception non traditionnelle pour Gibson.    Le manche, constitué de 7 pièces d'Acajou et de Noyer, est un manche conducteur, qui traverse donc la guitare sur toute sa longueur et comporte la défonce des 2 micros.    Il est relativement large, 43mm au sillet, mais son profil fin et arrondi, combinaison du meilleur des manches rond type 50's et fin type 60's, ainsi que sa touche en Palissandre, lui confèrent un confort exceptionnel, renforcé par l'habituelle présence du filet (binding) qui se retourne sur les extrémités de chaque frette.    La touche est ornée de trapèzes acryliques standards (de points sur le modèle Custom 64 Firebird III) et le sillet est en Corian.    La vis de la tige de renfort se trouve au niveau de la tête.    La tête «Bec de Faucon», hommage rendu par Gibson à l'emblème des États Unis d'Amérique, et ses 6 mécaniques en ligne font aussi penser à une tête Fender, mais l'effet reverse et les mécaniques type Banjo sont là pour pallier à cette impression.

 

Le corps de la guitare est constitué de 2 ailes d'Acajou, collées de chaque côté du manche.    Ainsi, les vibrations occasionnées par les cordes se propagent dans tout l'instrument d'une façon optimum.    La finition de cette guitare, Vintage Sunburst et vernis nitrocellulosique, est une pure merveille, à mon goût bien entendu.    Cette guitare existe aussi en Classic White.

 

Les micros sont encore une particularité de cette guitare, des Mini Humbuckers à haut gain Gibson 495R et 495T avec aimants céramiques.    Ces micros ont été conçu à l'origine par les ingénieurs Gibson pour pouvoir être montés sur des instruments dont la défonce correspondait à celle d'un P-90, plus petite que la défonce nécessaire à un Humbucker standard.    La taille réduite de ce micro et sa conception unique procurant un champ magnétique restreint, la sonorité qui s'en dégage est beaucoup plus lumineuse que celle d'un Humbucker classique.    Cette Gibson Firebird V conserve un son clean superbe même à haut volume, bien clair et claquant en micro chevalet.    En micro manche, le son est plus doux mais reste clair, parfaitement bien défini et sans "bavure".    Inévitablement, la combinaison des deux micros est une pure merveille pour assurer des rythmiques clean, légèrement moelleuses et claquantes à la fois.    En trente cinq années de pratique, cette Gibson Firebird V est ma première guitare équipée de Mini Humbuckers, et j'avais faussement le sentiment que ces micros avaient été conçu pour être la déclinaison économique du Humbucker, mais il n'en est rien, ce sont bien des micros épatants, pilotés sur cette guitare par une électronique Gibson standard, 2 Volumes 300k linear, 2 Tones 500k non-linear avec condensateur .22mF et un sélecteur Switchcraft 3 positions, situé à l'extrémité de la corne inférieure.

 

L'accastillage est composé d'un bridge Tune-O-Matic Nashville et d'un Stop Bar en zamac chromé.

 

Comme je l'indique un peu plus haut, la longue tête «Bec de Faucon» et surtout ses 6 lourdes mécaniques type Banjo déséquilibrent la guitare lorsque l'on joue debout.    Mais avec cette Firebird, il est très facile de totalement supprimer ce désagrément, ce qui rend cette Gibson très agréable à jouer longuement.    Il suffit d'utiliser une sangle large de préférence en cuir, ce qui augmente la surface de contact entre l'épaule et la sangle, diminuant ainsi l'effet de glissement.    Autre truc, en passant la sangle par dessus la corne supérieure arrière du corps de la guitare et non par dessous comme d'habitude, ainsi la guitare est parfaitement maintenue et ne bouge plus du tout, même en la lâchant.

 

Comme toujours, j'ai légèrement personnalisé ma guitare, en remplaçant les boutons noirs de volume et de tonalité par des boutons Gibson PRMK-030 Gold/Gold plus séants à mon goût, et en posant des rondelles pointeurs.

 

Pour terminer, cette Gibson est livrée dans un étui valise assez volumineux, recouvert pour l'extérieur d'un Tolex noir estampillé Gibson USA, et pour l'intérieur, d'un revêtement velours blanc neige parfumé à la vanille, que je suppose être extrêmement salissant.