MES GUITARES par Jubaea

 

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2010 GIBSON ES-355TDSV

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Quelques détails

Ma 355

 

 

Le Varitone, branché et en parfait état de fonctionnement

 

 

Le diamant éclaté, emblème des Gibson Custom

 

 

«The chief» Noël Gallagher et son inséparable 355

 

 

 

Musikhaus Thomann Linkpartner

 

UN PEU D'HISTOIRE :

En 1957, Ted McCarty, alors PDG de Gibson, fait mettre à l'étude une nouvelle guitare, fruit du mariage entre ce que l'on sait faire de mieux à Kalamazoo en terme de guitare Hollow Body à table bombée, et cette conception nouvelle de guitare à corps plein, dit «Solid Body».    Reprenant à son compte, volontairement ou non, une idée qui avait germé au début des années 40 dans le cerveau du guitariste Lester Williams Polfuss, dit Les Paul, lorsqu'il créa sa «log guitar», le résultat est révolutionnaire.    Un instrument à table et fond bombés, cachant en son sein un bloc de bois d'Érable massif qui partage le corps en deux, de la base du manche à l'extrémité du corps.    Ce bloc d'Érable massif permet d'éliminer presque totalement les vibrations de la table, supprimant ainsi quasiment tout risque de larsen, tout en augmentant considérablement le sustain.    Il s'agit bien entendu de la Gibson ES-335, une réussite en tous points, esthétique, pratique et technique.    Imaginée par Gibson pour être une guitare plutôt typée Jazz, la Gibson ES-335 va en fait faire le bonheur des guitaristes de Blues et des musiciens Rock. 

 

Depuis toujours chez Gibson, la politique commerciale consiste à sortir en "éclaireur" un modèle de gamme moyenne.    Si le succès est au rendez-vous, on édite alors ce modèle dans une finition de luxe pour les musiciens plus fortunés, et dans une finition plus cheap, pour les guitaristes ayant un budget modeste.    Il en a été ainsi pour la Les Paul, commercialisée dans un premier temps en une version standard en 1952, puis, le succès aidant, dans la version LP Custom haut de gamme en 1954 et parallèlement dans une version attractive, la Les Paul Junior.

 

Face au succès rencontré par la Gibson ES-335 dès sa commercialisation début 1958, les dirigeants de l'entreprise Gibson, fidèles à leurs habitudes, décident donc qu'un modèle ayant une finition haut de gamme peut être produit.    Commercialisée à partir du mois de Novembre 1958 (même s'il n'en a été vendu que 10 exemplaires), la sortie de la Gibson ES-355TD n'est officielle qu'à partir de 1959.    Les caractéristiques générales de la Gibson ES-355TD sont les mêmes que la 335 bien entendu, et les modifications apportées vont être principalement d'ordre cosmétique.

 

D'abord, la finition est unique, rouge cerise.    La table et le dos reçoivent en habillage un filet multiple, tout comme la tête de l'instrument.    Celle-ci va également être ornée du diamant éclaté, identique au logo de la Les Paul Custom, en lieu et place de l'habituel logo en forme d'épi.    Le manche d'une pièce d'Acajou, pourvu d'une touche en Palissandre sur l'ES-335, va être doté d'une touche en Ébène, un bois plus rare et plus cher, quand des inserts rectangles, dits «Blocs Inserts» vont remplacer les inserts Dot (pastilles rondes).

 

Dans un premier temps, l'électronique est la même, et les micros sont les fameux Humbuckers PAF couverts de capots or, comme tout l'accastillage.    L'ES-355TD reçoit également un vibrato Bigsby et des mécaniques Grover «Rotomatic».

 

Début 59, la Gibson ES-355TD va voir son électronique modifiée, par l'ajout d'un Varitone et d'un câblage stéréo, comme cela commençait à être d'usage chez Rickenbacker par exemple.    Ainsi équipée, la Gibson ES-355TD s'appelle une ES-355TDSV (pour Thinline, Dual Pickup, Stereo, Varitone).    Comme toujours chez Gibson, on pouvait commander sa guitare dans l'une ou l'autre version, mais dès l'apparition de la TDSV, il s'est vendu plus de TDSV que de TD.    Il était aussi possible, par le biais d'une commande personnalisée, d'acquérir une guitare mono avec un Varitone, ou une guitare stéréo sans Varitone, mais ces guitares ne sont pas référencées.

 

En 1960, le Pickguard de l'ES-355, qui n'était rien de plus que celui d'une Gibson L-5 que l'on avait tout bêtement recyclé en y taillant l'emplacement des deux Humbuckers, et qui dépassait à l'arrière du Tune-O-Matic, est raccourcit au niveau du Humbucker chevalet.    Voilà pourquoi on parle aujourd'hui de Pickguard Long ou de Pickguard court.    Également, deux nouvelles finitions sont disponibles, Sunburst et Natural.

 

A partir de 1961, Gibson va progressivement remplacer le vibrato Bigsby de l'ES-355 par un vibrato Gibson «Maestro», puis en changer encore en 63 pour un vibrato Gibson «Vibrola» long, dont le carter est orné d'une Lyre en relief.    L'efficacité moyenne de ces deux modèles de vibrato verra Gibson faire machine arrière en 1969, pour revenir au vibrato Bigsby, nettement meilleur.

 

Évidemment, le prix élevé de la Gibson ES-355, une des guitares les plus chères de la ligne chez Gibson, mais également la présence du Varitone et de ces Vibratos Gibson n'aident pas à la progression du chiffre des ventes.    De début 59 à fin 69, il va se vendre 21,530 Gibson ES-335, pour 5,840 Gibson ES-345 et moitié moins de Gibson ES-355.

 

Finalement, la production régulière de série de la Gibson ES-355 va s'arrêter au début des '80, au profit de Lucille, la Gibson signature de BB King, qui reprend la plupart des spécifications de la Gibson ES-355.    Finition luxueuse, inserts Blocks, Varitone, plus quelques modifications, comme un chevalet fine-tuner TP-6, permettant le réglage fin de l'intonation de chaque corde, et l'absence d'ouïes sur la table, histoire d'éviter encore plus tout risque de larsen.    Cependant, Gibson réédite régulièrement des séries «Limited Run» de Gibson ES-355, que s'arrachent les amateurs de belles guitares.

 

D'autant plus que, une fois n'est pas coutume, plusieurs guitaristes têtes d'affiche du mouvement musical Indie Rock, qui prend naissance au Royaume Unis au début des '80, vont faire de la Gibson ES-355 leur instrument de prédilection.

 

Ainsi, Johnny Marr, co-leader du groupe The Smiths de 82 à 87, s'affichera régulièrement avec sa Gibson ES-355TDSV, ce qui aura pour conséquence de voir Noël Gallagher, leader du groupe Oasis jusqu'en 2009 s'acheter sa première Gibson ES-355TDSV parce qu'il est lui-même un fan de Johnny Marr.    Aujourd'hui, Gallagher confesse que sa Gibson ES-355 est à la base de toute sa musique.

 

Joe Bonamassa possède également dans sa collection de guitares une Gibson ES-355 de 1972, achetée sur eBay tout simplement parce qu'il voulait s'offrir la même guitare que Freddie King dont il est fan.    N'est-il pas étonnant, touchant mais aussi rassurant de constater que nos idoles sont en fait exactement comme nous, qui explosons nos livrets d'épargne pour nous offrir les mêmes guitares qu'eux.

 

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MODIFICATIONS :

Le câblage stéréo a été modifié pour sortir en mono, la même modification a été appliquée au Varitone (à noter que j'ai câblé mon Varitone en mono suivant les conseils avisés de Dr Benoît, que je remercie au passage).    Ça n'a pas été une mince affaire, mais j'obtiens sur la position 1 un vrai bypass, donc le son pure d'une ES-335.    L'ensemble est parfaitement fonctionnel et en mono.

 

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MON AVIS :

Quand on est amoureux des guitares au format Thinline, Hollow Body ou semi Hollow Body à double Cutaway, et que l'on apprécie d'y voir la marque Gibson inscrite sur la tête, l'idée de s'offrir un jour une ES-335 est en général sournoisement tapie quelque part, en attendant soit que l'occasion se présente, soit que le désir devienne trop fort pour ne plus pouvoir y résister.    Cela faisait donc des lustres que j'envisageais de m'offrir un jour une Gibson ES-335, et pourquoi pas, en bon fan de Noël Gallagher que je suis, carrément une ES-355 ???

 

Forcément, à chercher sans relâche, l'opportunité s'est un jour finalement présentée, et d'un coup d'un seul, je me suis offert ma Gibson ES-355TDV, Faded Cherry avec Bigsby et Varitone, qu'on peut assimiler à une 58' Reissue, ou 59' Reissue si l'on veut respecter à la lettre la date de sa sortie officielle.

 

Bref, j'ai trouvé cette guitare sur le marché de l'occasion, ici en France.

 

A l'ouverture de l'étui, je découvre une très belle guitare, état quasiment «Mint» comme on dit dans le milieu des collectionneurs.    Pas de rayures, pas le moindre "poc", le Pickguard ne comporte que quelques micros rayures.    Son ancien propriétaire m'a assuré que cette guitare n'était jamais sortie de chez lui, je le crois volontiers puisque même l'étui n'a pas le moindre accroc.

 

Après examen, la finition s'avère exempte du moindre défaut, les raccords entre les différentes pièces, les filets, tout est nickel, on en attend pas moins pour une guitare de ce prix qui plus est portant le logo Gibson Custom Shop.

 

Pour ce qui est de sa constitution, cette Gibson ES-355TDV est constituée d'un laminé de 3 couches Érable Peuplier Érable, le fond est bombé, ainsi que la table qui comporte les deux ouïes en forme de ƒ.

Le bloc d'Érable placé à l'intérieur du corps est travaillé de telle sorte qu'il épouse parfaitement les courbes du fond et de la table...    Le fond est bordé d'un filet simple blanc crème, alors que la table est, elle, bordée d'un filet multiple.    Le tout est recouvert d'une fine couche d'un vernis nitrocellulosique du plus bel effet.    Le Pickguard, long sur ce modèle, est en plastique imitation écaille de tortue, bordé d'un filet multiple.

 

Le manche est également très confortable.    En Acajou, il s'insère au corps par un tenon collé, visible lorsque l'on dépose le micro manche.    Son profil est un C, revêtu d'une touche en Ébène au Radius de 12" décorée d'inserts en block de perloïd, et bordée d'un filet simple qui se retourne pour fermer les extrémités de chaque frette.    Les frettes sont à la taille médium Jumbo.    L'accès aux aigus est facilité par la jonction manche / corps qui s'opère sur la frette séparant les 19 et 20ème cases, mais également par le double pan coupé Vénitien.

 

La tête de la guitare est ornée du logo en diamant éclaté des Gibson Custom, et est bordée d'un filet multiple.    Les mécaniques sont des Grover «Rotomatic» dorées à bain d'huile.

 

La composition cordier chevalet est constitué d'un vibrato Bigsby B7G et d'un bridge Gibson ABR-1 w/t RETAINER WIRE doré à pontets en nylon.    L'ensemble, associé aux mécaniques Grover, participe à une relativement bonne tenue de l'accord, pour peu que l'on utilise le Bigsby avec modération.

 

Côté sonorité, les micros Gibson P-57 classic font merveille.    Le son est clair et sec en micro chevalet, parfait pour les registres Pop ou Rock.    Il est plus moelleux et chaud, très bluesy avec le micro manche.    On combine les deux micros ensembles via un sélecteur Switchcraft 3 positions, les réglages volume et tonalité sont du type Gibson standard, 2 Volumes, 2 Tones.

 

Ces micros portent en sous face, comme à l'origine, le petit autocollant «PATENT APPLIED FOR» à police or sur fond noir, destiné à avertir l'utilisateur que la demande d'un brevet concernant la conception de ces micros a bien été faite par Gibson en juin 1955, mais que cette demande était encore en cours d'instruction.    C'est l'initiale de chacun des mots inscrits sur cet autocollant qui a donné à ces micros le célèbre surnom de micros PAF.

 

Gibson a commencé à utiliser ces nouveaux micros sur ses guitares électriques en 1957, d'où le nom P-57, et obtenu son brevet en juillet 59.    Cependant, ce petit autocollant «PATENT APPLIED FOR» a été utilisé jusqu'en 1962.    On pense que Gibson espérait ainsi leurrer ses concurrents pour qu'ils n'aillent pas à l'USPTO (littéralement le « Bureau américain des brevets et des marques de commerce »), pour consulter et s'inspirer de ce brevet.

 

En 1962, cet autocollant a été remplacé par un autre qui stipulait «PATENT N° 2 737 842».    Mais là encore, le numéro était erroné car il s'agissait du numéro de brevet du cordier des Les Paul..., toujours pour tromper l'ennemi.

 

Le transformateur du Varitone est vissé au fond de la guitare sous le micro chevalet (il était noyé dans de la paraffine à l'époque).    Le Varitone est très exploitable.    La position 1 est un vrai bypass, donc le son pure d'une ES-335.    Les positions 2 & 3, combinées au sélecteur de micros, offrent réellement une palette de tons originaux.    Sur les positions 4 et 5, on a déjà perdu pas mal de basse, donc de présence, le son devient «aigrelet», et enfin, la position 6 donne tout simplement l'impression de jouer au travers d'un de ces vieux micros des années 30.

 

La prise en main est très confortable, pour qui apprécie ce type de lutherie bien sûr, même si le poids de cette guitare s'élève à 4,5 kg, ce qui n'est pas anodin, ça commence à faire comme on dit...    Ce poids s'explique avec l'existence de la poutre en Érable évidemment, mais également de la présence du Bigsby, ainsi que de celle du Varitone dont le double transfo ajoute 200grs au total.

 

Le manche, comme je le précisais est pour moi très confortable.    Voici ce qu'en disait Gibson en 2010 dans les specs de cette guitare: «shaped to the dimensions used on the B.B. King "Lucille" which is a fatter, tapered neck, based on B.B. King's preferences».    Un manche donc assez rond, mais sans être une bûche non plus ce qui en fait un manche qui tient bien en main.

 

Enfin, la guitare est livrée dans un étui Gibson de luxe, Tolex noir pour l'extérieur, moumoute Anthracite pour l'intérieur, ainsi qu'un Custom Shop Certificate of Authenticity.    Voila.