MES GUITARES par Jubaea

 

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1999 FENDER '62 CUSTOM TELECASTER

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Quelques détails

 

 

 

 

 

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UN PEU D'HISTOIRE :

Depuis le début des Années 40, Léo Fender a la conviction que l'avenir de la guitare passe par une conception solid body.    En effet, si l'électrification des guitares à corps creux des concurrents Gibson, Epiphone et consorts fonctionne déjà, cette technique engendre d'importants soucis de larsen dès que l'on pousse un peu le volume, problème inexistant sur les Lap Steel Fender.

 

Déjà, quelques années plus tôt, son concurrent Rickenbacker s'est essayé à la conception d'un instrument à corps plein, mais faute d'intérêt, ne l'a pas commercialisé.    Plus récemment, son ami Lester W. Polfuss a lui aussi travaillé sur un prototype, "The Log", mais celui-ci a tout simplement dû faire face aux moqueries et aux quolibets de la part des dirigeants de la firme Gibson à qui il avait réservé, en 1946, la primeur de ses travaux.

 

Léo Fender a la certitude que la mise au point d'un tel instrument n'est plus qu'une question de temps pour ses concurrents, et que le premier qui mettra au point cette technique jouira d'une avance considérable.    C'est donc fort de l'expérience qu'il a acquise dans la conception de ses Lap Steel que Léo Fender se met au travail vers le milieu de la décennie.

 

Le cahier des charges que Léo met au point est assez rudimentaire.    Il veut construire une guitare simple, facile à fabriquer en série, facile à réparer, dont les pièces se changeront tout aussi facilement...    Voila comment il invente le manche vissé par 4 grosses vis, contrairement aux manches collés ou traversants de la concurrence.

 

Un prototype est prêt dès 1949.    Le corps possède déjà la forme qu'on lui connaît encore aujourd'hui.    Le manche est vissé au corps par le biais d'une plaque de métal.    La tête, par contre, est encore assez classique avec les 6 mécaniques rangées façon 3x3.    La guitare est équipée au niveau du chevalet du micro simple bobinage à 6 aimants séparés que Léo Fender a mis au point pour ses Lap Steel.    Une petite plaque métallique recevant deux potentiomètres de contrôle est perpendiculaire aux cordes, et le corps est protégé par un demi pickguard placé au niveau de la corne inférieure.    Léo va prêter cet instrument à quelques musiciens professionnels afin de recueillir leurs jugements.

 

Don Randall, qui dirige Radio-Tel, la société qui distribue les instruments Fender, insiste pour présenter cette nouvelle guitare aux expositions de cette fin d'année 49, mais Léo Fender refuse, il persiste à vouloir la perfectionner.    La guitare ne va donc être présentée officiellement qu'au Printemps 1950, avec cette fois la tête classique et ses 6 mécaniques en ligne, le plaque de contrôle parallèle aux cordes et un pickguard plus grand, qui recouvre toutes les zones du corps pouvant être abîmées par le médiator.    C'est Don Randall qui va trouver le nom de cette nouvelle guitare, Fender Esquire.

 

De la même façon, Don Randall est persuadé que cette guitare doit être proposée avec 2 micros.    Léo Fender imagine donc un micro un peu plus petit, qu'il place à la base du manche.    Pour éviter toute confusion avec le premier modèle Esquire, Don Randall choisit un nouveau nom pour ce modèle, Fender Broadcaster, qui va rejoindre le catalogue Fender au milieu de l'année 1950.    Il y a donc la Fender Esquire, à 1 micro, et la Fender Broadcaster, la même guitare avec 2 micros.

 

C'est alors qu'en Février 1951, un télégramme de la puissante firme Gretsch arrive chez Fender, lui intimant l'ordre de changer le nom de son instrument sans délai, Gretsch ayant de longue date déposé le nom "Broadkaster" pour une série de batterie.    Bien que l'orthographe soit légèrement différente, Léo préfère éviter l'affrontement avec Gretsch et demande à Don Randall de trouver un autre nom pour la guitare.    Les années 50 marquent aussi le formidable essor de la télévision, aussi Don Randall a l'idée de rapprocher le mot télévision au nom Broadcaster et obtient le nouveau nom de la guitare, Telecaster.    Cependant, par souci d'économie, le temps que les nouvelles décalcomanies indiquant Fender Telecaster soient livrées à l'usine, seule la partie Fender des anciennes décalcomanies qui indiquaient Fender Broadcaster est collée sur la tête des guitares produites.    Cette particularité a rendu ces guitares hors de prix et extrêmement recherchées dans le milieu de la guitare vintage, on les appelle communément les Fender Nocaster.

 

Cette fois, ça y est, la Fender Telecaster est née.    Elle va révolutionner, et le monde musical, de part sa sonorité nouvelle particulièrement appréciée des guitaristes, mais aussi et surtout, toute l'industrie de la fabrication des instruments de musique.    En effet, avec la naissance de la révolutionnaire Fender Telecaster, Ted McCarty, alors PDG de Gibson, se remémore l'invention de Lester W. Polfuss, et l'invite à Kalamazoo afin d'établir avec lui un contrat publicitaire.    La réponse de Gibson à Fender va être la Gibson Les Paul.

 

Infatigable inventeur, dès 1951, Léo Fender veut poursuivre dans la voie qu'il a ouverte pour encore perfectionner sa Fender Telecaster.    Pour ce faire, n'étant pas guitariste lui même, il rencontre un grand nombre de musiciens, recueille leurs impressions, leurs souhaits, et redessine un nouvel instrument qui sortira des usines Fender en 1954 sous le nom de Fender Stratocaster.    Pour ce nouvel instrument, Fender va utiliser une finition qui existait déjà chez la plupart de ses concurrents mais jamais encore utilisée chez Fender, un Sunburst 2 tons.

 

Cette nouvelle finition sera utilisée pour la Fender Telecaster entre 1957 et 58, afin de lui donner un peu plus de noblesse esthétique pour une série limitée d'environ 250 exemplaires.    Des instruments également très recherchés sur le marché du vintage aujourd'hui.

 

En juin 1959, l'Esquire et la Telecaster, qui avaient toujours été des guitares revêtues d'une finition assez simple, héritent d'une finition luxueuse.    Le manche est en Érable, équipé de la confortable touche en Palissandre apparue sur la récente Fender Jazzmaster.    Les repères de manches noires deviennent des repères en nacre.    Elles reçoivent un pickguard 3 plis blanc/noir/blanc, le corps est recouvert d'un vernis Sunburst 3 tons nitrocellulosique, et surtout, la table et le fond sont bordés d'un filet blanc, à l'image des plus belles Gibson.

 

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MON AVIS :

Pourquoi Fender a réédité la Custom Telecaster de 1962 et pas celle de 1959, qui est l'année de la création de la Custom Telecaster ?    A mon avis, la différence se situe uniquement dans la conception du manche de la Custom Telecaster.

 

Entre 1959 et fin 1961, les manches destinés à recevoir une touche en Palissandre étaient plats, le dessous de la touche en Palissandre était donc plat et le dessus bombé au radius.    Pour réaliser cette touche, il fallait utiliser une quantité relativement importante de Palissandre, un bois noble et cher.    Ces manches sont aujourd'hui communément appelés "Slap-Board".

 

A partir de 1962, Fender commence à économiser sur l'utilisation du Palissandre et réalise ses manches avec une surface bombée, afin d'y coller une touche de Palissandre plus fine, bombée dessous et dessus.    Cette touche va être baptisée "Curved-Board".    Or la Custom Telecaster Reissue a une touche "Curved-Board", j'imagine donc que c'est pour celà que Fender l'a baptisée '62 Custom Telecaster, puisque pour le reste des spécifications, elles sont identiques à celles de 1959.

 

C'est une guitare assez lourde, 3kg900, le manche est fin, profilé en C, les frettes sont du type médium, le tout est donc très confortable.    Pour ce qui est du corps, petit bémol, il est fait de 3 pièces (2 à l'époque), mais les jointures (visibles, transparence du Sunburst oblige) sont disposées symétriquement par rapport à l'axe du corps, l'esthétique reste donc de mise.    Les filets du corps sont parfaitement posés, et ils confèrent effectivement à la guitare un aspect très luxueux, tel était le souhait de Léo Fender.    Pour la finition, rien à redire, pas le moindre défaut d'application, pas la moindre coulure de vernis Nitro.    Quand on s'est habitué à la finesse d'un vernis Nitro sur une guitare, on a souvent du mal à revenir en arrière.

 

Je sais qu'il y a beaucoup à dire sur la finition Nitrocellulosique d'une guitare.    Les détracteurs estiment que cette laque est beaucoup plus fragile qu'une laque Poly et qu'elle vieillit par conséquent moins bien, que c'est la moins chère des laques, j'ai même lu que certains considèrent cette laque comme une arnaque...    Les amateurs n'y verront qu'avantages, l'aspect esthétique et vintage des guitares Nitro, un vernis qui se répare facilement...    Bon, chacun choisira son camp en fonction de son opinion.

 

Personnellement, je trouve qu'un vernis Nitrocellulosique est plus agréable au touché, plus sensuel, enfin, c'est mon sentiment, et autant certains ne demandent qu'une chose à leur guitare, qu'elle sonne, moi je suis encore de l'école de ceux qui attendent de leur guitare qu'elle sonne, mais aussi qu'elle soit jolie.

 

Pour en terminer sur le vernis Nitro, l'argument le plus convaincant pour moi est que, pour une même épaisseur de vernis à l'application, un vernis nitrocellulosique est trois fois plus fin après séchage qu'un vernis polyuréthane, ce qui oblige les fabricants à une sélection un peu plus rigoureuse des bois avec lesquels ils fabriquent les guitares destinées à recevoir une finition Nitro, et au contraire leur permet d'être un peu moins regardant sur la qualité du bois d'une guitare qui recevra une finition polyuréthane.

 

Il est vraiment très difficile de se rendre compte, par une simple photo, de la beauté du dégradé Sunburst, du beau Fender quoi.

 

Côté son, cette guitare est une pure merveille.    Le micro chevalet émet un son clair et bien claquant, avec ce caractère assez indéfinissable que beaucoup appellent le "Twang".    C'est vraiment le son que l'on entend sur les vieux disques de Rock'n'roll des années 50.    Le micro manche est plus doux et permet un jeu un peu plus blues, mais il conserve quand même une attaque franche et claquante.    La combinaison des deux micros est très bonne, bien funky.

 

Pour ce qui me concerne, je mets un bémol à la position du sélecteur de micro lorsque celui-ci est orienté sur le micro manche, car il touche presque le bouton de réglage du volume.    Dans le feu de l'action, on risque, soit de "louper" la bascule du sélecteur au moment d'un changement de micro, soit de modifier accidentellement le niveau du volume.    S'il fallait vraiment dénoncer un «défaut» à cette guitare, c'est le seul que j'ai trouvé.    Pourtant, il faut croire que mon sentiment n'a jamais été partagé vu que l'emplacement du sélecteur est le même depuis la création par Léo Fender de la Telecaster "standard" en 1950.