MES GUITARES par Jubaea

 

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1999 EPIPHONE CASINO

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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John Lennon, ci-dessous en 69

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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UN PEU D'HISTOIRE :

L'Epiphone Casino est un des modèles phares d'Epiphone.    Comme on le sait, la popularité de l'Epiphone Casino est due aux ex-Beatles John Lennon et George Harrison, qui l'utilisèrent comme instrument principal lors de la dernière tournée mondiale des Beatles en 66, offrant ainsi à Epiphone une renommée internationale.    Cependant, si la firme Gibson/Epiphone utilise aujourd'hui John Lennon pour promouvoir son modèle Epiphone Casino, c'est Paul McCartney qui utilisa le premier cette guitare en studio, après s'être lui même acheté en Décembre 1964 une '62 Casino au magasin Sound City, sur Charing Cross Road à Londres.    Une Casino Sunburst pour droitier, équipée d'un vibrato Bigsby (guitare qu'il possède et utilise toujours).    C'est par exemple elle que Paul McCartney utilise en février 1965 sur l'album "Help", pour jouer la mélodie de "Ticket To Ride".

 

Fin 1965, John Lennon et George Harrison se mirent activement à la recherche de nouvelles sonorités, essayant plusieurs modèles de guitares, dont la Casino de Paul McCartney.    Ils l'apprécièrent tellement que finalement, début 1966, pendant les sessions d'enregistrement du disque "Revolver", John Lennon et George Harrison s'en procurèrent chacun un exemplaire, avec Bigsby pour George, et cordier Trapèze pour John.

 

A partir de cet instant, John Lennon remise au placard son illustre Rickenbacker Jetglo et fait de son Epiphone Casino sa guitare principale.    Il l'utilise régulièrement sur les albums des Beatles à partir de l'album "Revolver", puis ensuite au début de sa carrière solo.

 

Pour la petite histoire, on notera que la guitare de John Lennon lui a été livrée avec une singularité particulière, un œillet en plastique noir sous l'écrou du sélecteur de micro.    Cet œillet posé en usine était surnommé un "goof hider", que l'on pourrait traduire en français par "cache misère".    Il a été posé là pour masquer un petit éclat dans le bois laissé par le foret au moment du perçage de la table.

 

En 1967, John Lennon peint le fond et le dos du manche de sa Casino en blanc et gris, mais conserve la finition Sunburst de la table.    Finalement, en 1968, pour optimiser au maximum la résonance du corps de l'instrument, il va la faire décaper totalement et ne fera pas reposer le pickguard.    Un peu plus tard, il fera également remplacer les mécaniques Kluson par des Grover Rotomatic Gold.

 

Ce qui se sait moins, c'est que George Harrison a fait appliquer exactement le même traitement à son Epiphone Casino en 68.

 

George Harrison confia quand on l'interrogea sur cette opération: «Je pense que ça marche sur beaucoup de guitares... Si vous retirez la peinture et le vernis, et mettez le bois à nu, elle semble en quelque sorte respirer».

 

Dans le cadre de l'Epiphone's USA Collection, John Thomas Riboloff, ingénieur chez Gibson USA, s'est rendu en Novembre 1997 au DAKOTA à Manhattan, l'immeuble où Lennon vivait en compagnie de son épouse Yoko Ono, et où se trouvait l'Epiphone Casino de John Lennon.    Il l'a scrupuleusement mesurée et photographiée, pour la réédition en tirage limité, de 1965 exemplaires de cette guitare mythique en finition Sunburst et Revolution.    Il est important de signaler qu'une partie de la somme versée à l'achat de chaque instrument est destinée à "The BMI Foundation, Inc. for the John Lennon Scholarship Fund", la fondation de John, dont le but est la promotion de l'enseignement de la musique.    Cette Epiphone John Lennon "1965" Casino, qui porte également la fameuse rondelle plastique noire sous l'écrou du sélecteur de micro, est donc l'exacte réplique de la célèbre guitare reçue par John Lennon.

 

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MON AVIS :

Cette Epiphone Casino version "1965" et/ou "Revolution" est d'abord un objet de collection, puisqu'il s'agit de la réplique exacte de l'instrument acheté par John Lennon en 66 puis "customisé" en 1968 selon ses souhaits, et ne nous leurrons pas, c'est évidemment dans cette optique qu'Epiphone a édité ce modèle.    Ceci étant, il est une chose de s'offrir un de ces modèles parce qu'on est fan de Lennon, et une autre que de le conserver enfermé dans son case pour lui éviter de prendre la poussière, parce que j'en suis témoin, c'est aussi une excellente guitare, digne des modèles vintages d'une époque encore glorieuse pour Epiphone, l'âge en moins.    Cette guitare est aussi, pour le musicien, l'occasion très rare de s'offrir une Epiphone estampillée "Made in Kalamazoo" fabriquée à Nashville, avec la qualité des meilleures Gibson U.S.A. d'aujourd'hui.    J'ai commandé ma "Revolution" neuve, chez mon revendeur habituel, au milieu de l'année 2004, et ne l'ai reçue que le 10 mars 2005, après plus de 8 mois d'attente.    Ma "1965" je l'ai attendue moins longtemps, puisque je la tiens d'un particulier aux USA.

 

Après examen, la finition s'avère exempte du moindre défaut, la fabrication est exemplaire, sincèrement, mais quoi de plus normal pour une guitare de ce tarif (affichée à l'époque 2.900,00€).    Il est également très satisfaisant de constater que, bien que cette guitare soit un modèle signature, elle ne comporte aucune mention ou paraphe de Lennon, seul l'étui est signé d'un autoportrait de John Lennon.

 

La prise en main est très confortable.    Le poids plume de cette guitare est son premier atout avec 2,9 kg, du fait d'un corps Hollow-Body double Cutaway, totalement creux donc.

Le dos est bombé, ainsi que la table qui comporte deux ouïes en forme de ƒ.     Le fond et les éclisses sont constitués de 5 couches successives d’Érable et de Bouleau.    Le modèle "1965" reçoit une finition Sunburst recouverte d'une fine couche de vernis nitrocellulosique gloss, quand l'ensemble du corps de la "Revolution" est recouvert d'une fine couche d'un vernis nitrocellulosique satiné du plus bel effet.

 

Côté sonorité, les micros Gibson P90's font merveille.    Le son est clair en micro chevalet, et chaud, très bluesy avec le micro manche.    On peut bien sur combiner les deux micros ensembles, car les réglages volume et tonalité sont du type Gibson standard, 2 Volumes 300k linear, 2 Tones 500k non-linear avec condensateur .022uF et un sélecteur Switchcraft 3 positions.

 

Le manche collé est fin, en Acajou, la touche en Palissandre est profilée avec un radius de 12" et bordée d'un filet simple (binding) avec des incrustations en parallélogramme.    Il est formidablement agréable à jouer, grâce à une finesse exemplaire et une action on ne peut plus basse.    La finition satinée du manche de la "Revolution" lui confère un touché très agréable, plus confortable à mon goût que le touché du manche de la "1965", mais c'est avant tout affaire de goût.    La finition satinée est la conséquence du ponçage demandé par John Lennon.

 

L'accès aux aigus n'est pas aisé, car la jonction manche / corps s'opère sur la barrette séparant les 16 et 17ème cases.    Les mécaniques sont des Grover à bain d'huile pour la "Revolution", des Kluson "Deluxe" pour la "1965".    Le bridge Gibson ABR-1 est monté avec des cavaliers nylon.    L'ensemble, associé au cordier Trapeze "Diamond", participent à une bonne tenue de l'accord.    J'apprécie également cette sensation si particulière produite par les vibrations du fond de la guitare qui se propagent contre l'estomac lorsque l'on joue, sensation que seules les Hollow-Body procurent.

 

Pour terminer, le pickguard de la "1965" est en plastique 3 plis blanc/noir/blanc doté d'un logo "Є" vintage en papier chromé.    La "Revolution" est livrée avec le même pickguard non installé sur la guitare, mais tout le nécessaire à sa fixation est inclus, avec également quelques "goodies", le fameux bouton noir à l'attention des puristes, un plektre collector à l'effigie de John Lennon, une clé de réglage du manche et bien entendu un certificat d'authenticité portant le numéro de la guitare sur les 1965 produites.

Le tout est confortablement installé dans un étui vintage de luxe également à l'effigie de John Lennon, extérieur cuir marron marbré noir, intérieur en velours rose et linceul rose.    Je n'ai sincèrement trouvé aucun défaut à ces guitares, et j'ai surtout un sacré coup de coeur pour le vernis satiné de la "Revolution" qui lui donne un grain splendide.

 

Cela fait maintenant neuf ans que je possède cette Casino "1965", douze ans pour ma Casino "Revolution", un coup de folie sans doute, mais cette dernière reste incontestablement ma guitare favorite.